Europe

Dans les Pays Baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie (27 Août au 15 Septembre 2018)

Découvertes historiques très intéressantes au cours de notre voyage dans ces 3 pays baltes, qui ont fait partie de l’URSS et ont recouvré leur indépendance en 1991. Nous découvrons à travers notre périple les versants positifs d’une union européenne au sens propre du terme. Nous traversons l’Europe comme s’il s’agissait d’un seul et même pays, sans entrave aux frontières, sur des routes fraîchement asphaltées grâce à de nombreux projets européens. 

Revenons en détails sur notre périple à travers chacun de ces 3 pays…

Estonie (27 août au 4 septembre)

A Tallinn, nous sommes accueillis par Ergo et Kadi, un couple d’Estoniens cyclo-randonneurs rencontrés en Norvège. Nous restons 2 nuits chez eux, ce qui nous permet de visiter le vieux centre ville de Tallinn. C’est une très belle capitale, calme et bien restaurée. Nous prenons plaisir à arpenter les rues pavées qui mènent sur les hauteurs de la ville.

Tallinn

Tallinn

 

Le lendemain, nous partons visiter le château de Catharinenthal et ses jardins. C’est par ici que Mika et Martin, nos amis cyclo-randonneurs rencontrés au Danemark, nous ont fait un jeu de piste. Ils étaient à Tallinn 1 mois plus tôt et nous ont caché une boîte mystère dans le parc. Avec les quelques indices qu’ils nous ont envoyés, nous nous amusons à retrouver l’arbre, puis la branche sous laquelle était enterré le trésor. Il s’agit d’une vieille boîte de thé donnée par une baboushka en Russie, dans laquelle se trouvent des dizaines de sucreries russes  ! Miam  !

château de Catharinenthal

Château de Catharinenthal

 

Le trésor caché de Mika et Martin

Le trésor caché de Mika et Martin

 

Sur les conseils d’Ergo, nous partons découvrir l’Est de l’Estonie, resté plus authentique et moins « européanisé » selon lui, donc plus dépaysant pour nous aussi. Nous commençons par découvrir les environs de Kohtla-Järve, une des plus grosses régions industrielles lorsque l’Estonie faisait partie de l’URSS. Elle est aujourd’hui un haut lieu d’exploitation du schiste bitumeux, qui est excavé dans d’immenses carrières, puis brûlé dans les usines pour produire l’ensemble de l’électricité du pays. Dans cette région, de nombreuses collines noires sont visibles, formées par les déchets résiduels après la combustion du schiste.

Production d'énergie à partir de schiste bitumeux (et les colline de résidus de combustion en arrière plan) à Kohtla-Järve

Production d’énergie à partir de schiste bitumeux (et les collines de résidus de combustion en arrière plan) à Kohtla-Järve

 

Nous descendons ensuite vers le lac Peipsi, qui fait la frontière entre Estonie et Russie. Dans cette région, il y a beaucoup de russophones. Ceci s’explique par l’histoire (de nombreux travailleurs russes étaient venus remplir les usines d’Estonie avant 1991) et par la proximité de la frontière russe. En descendant sur le lac, nous visitons le très beau monastère orthodoxe de Kuremäe, investi par de nombreux fidèles.

Monastère orthodoxe de Kuremae

Monastère orthodoxe de Kuremaë

 

C’est à Kolkja, sur la rive ouest du lac, que nous retrouvons Ergo et Kadi. Ergo y possède 8 hectares de terrain sur lesquels il avait planté quelques arbres fruitiers 15 ans auparavant. Nous venons les aider à faire la récolte annuelle des argousiers. Avec l’aide d’un ami, Ergo a créé un engin plutôt astucieux, capable de secouer les branches à bonne fréquence pour faire tomber les baies sans effort. Benoît se fera un plaisir de vous montrer l’engin en vidéo  ! :)

Sur les terres d'Ergo et Kadi. Prêts pour la récolte des argousiers!

Sur les terres d’Ergo et Kadi. Prêts pour la récolte des argousiers!

 

Le weekend étant fini, Ergo et Kadi repartent vers le Nord pour préparer le jus d’argousier. Nous reprenons la route vers le Sud, longeant les villages russophones du lac Peipsi. De tradition, les vieux du village cultivent des oignons dans leur jardin et les vendent devant leur maison. Ainsi, une des rue est communément appelée « la rue de l’oignon », car s’y enchaînent des dizaines de vendeurs d’oignon, postés devant leur portail ou sur leur pas de porte.

Vente d'oignons par une babuska sur la rive ouest du lac Peipsi

Vente d’oignons par une babouchka sur la rive ouest du lac Peipsi

Pause manger sous l'abri-bus

Pause manger sous l’abri-bus

 

Nous découvrons ensuite Tartu, deuxième ville du pays, considérée comme la capitale intellectuelle et culturelle, avec la plus grande université du pays.

Tartu

Tartu

 

A Otepäa, nous faisons la connaissance de Lennart, un cyclo-voyageur estonien de notre âge, fraîchement parti de chez lui pour faire un tour d’Europe sur une durée indéterminée. Pour le moment, nos itinéraires se ressemblent et nous décidons de faire route ensemble vers la Lettonie.

Peu avant la frontière, nous bivouaquons dans le Parc Naturel de Karula. «  Karula  » signifiant «  ours  » en estonien, je m’interroge un peu… Surtout que ce petit pays héberge près de 700 ours. Le lendemain matin, un gardien du parc nous confirme qu’un ours brun vit dans ce parc. Il a d’ailleurs vu des traces de pattes non loin de notre campement cette année. Nous sommes bien heureux de ne pas avoir fait la connaissance du propriétaire poilu des lieux la nuit dernière  !

Coucher de soleil dans le Parc Naturel de Karula

Coucher de soleil dans le Parc Naturel de Karula

 

Lettonie (4 au 10 septembre)

Passage de frontière avec Lennart, notre ami cyclo-voyageur estonien

Passage de frontière avec Lennart, notre ami cyclo-voyageur estonien

 

S’il y avait 3 mots pour résumer la Lettonie  ? Benoît, Lennart et moi nous accordons à dire que ce serait  : routes de graviers, châteaux et psychopathe à poil  !

1) Les routes de graviers  ! 5 km avant la frontière lettone, l’asphalte s’arrête et laisse place à une route bosselée de sables et de cailloux. Nos fesses ont bien sautillé sur nos selles durant ces centaines de kilomètres. Difficile d’y échapper, car les routes nationales sont chargées de trafic et sont clairement trop étroites pour y accueillir des cyclistes. Sur l’une de ces grosses routes, une des règles du jeu était : quand celui de derrière voit un camion dans son rétroviseur, il dit «  truck  », puis tout le monde roule sur le bas côté le temps du dépassement.

Et c'est partie pour des kilomètres de route en graviers

Et c’est parti pour des kilomètres de route en graviers 

Et lorsque qu'une voiture nous croise, c'est le nuage de poussières assuré!

Et lorsqu’une voiture ou un camion nous croise, c’est le nuage de poussières assuré!

 

Nous sentons bien que l’économie de la Lettonie est moins en essor que celle de l’Estonie. Beaucoup de routes sont encore non asphaltées. Les campagnes et les populations âgées restent très pauvres, vivant dans des maisons ou des immeubles vieillissants. Mais nous sentons que les choses bougent. De nombreux travaux sont en cours, notamment en ce qui concerne la qualité des routes. Nous sentons une vraie volonté de valoriser leur patrimoine, même si parfois les moyens manquent pour effectuer de grandes rénovations. Lennart nous dit: « Mais vous savez, en Estonie, c’était pareil il y a 5 ans».

Immeubles de briques blanches assez typiques dans les campagnes des pays baltes

Immeubles de briques blanches assez typiques dans les campagnes des pays baltes

Volonté de mettre en valeur le patrimoine, même lorsque les moyens manquent pour faire un ravalement de façade.

Volonté de mettre en valeur le patrimoine, même lorsque les moyens manquent pour faire un ravalement de façade (à Gaujiena)

 

2) Les châteaux ! La Lettonie est riche de par son histoire, sous domination polonaise, suédoise puis russe. Les villes de Smiltene, Cēsis, Sigulda et Riga forment une ligne géographique quasi droite qui regorge de châteaux médiévaux. Nous prenons le temps de visiter celui de Cēsis, Sigulda et Turaida, qui forment le «  corridor de Gauja  ».

Château de Cesis

Château de Cesis

Château de l'Ordre de Livonie (à Sigulda)

Château de l’Ordre de Livonie (à Sigulda)
Un prisonnier desséché!

Un prisonnier desséché

Château de Turaida

Château de Turaida

 

Riga

Riga

Riga

Riga

 

3) Et le psychopathe à poil alors ? Après notre passage à Riga, c’est au bivouac suivant, sur les bords d’un petit lac, que nous faisons la connaissance du «  psychopathe à poil  »  ! Vers minuit, alors que nous dormions tranquillement, quelqu’un essaie d’ouvrir notre tente. Avec le palpitant au plafond, j’ouvre la toile de tente de façon soudaine et me retrouve nez à nez avec un vieux monsieur aux longs cheveux  ! Devant mes hurlements de terreur, il a pris peur et s’est réfugié derrière notre tente, recroquevillé comme un animal apeuré et …nu  ! Nous comprenons vite qu’il n’est pas méchant, mais qu’il n’est pas tout seul dans sa tête  ! Après avoir tenté de décrypter ses quelques mots de russes et d’anglais incohérents, nous comprenons qu’il avait perdu ses vêtements après s’être baigné dans le lac et était incapable de les retrouver sans lumière. Au final, il les retrouve, se rhabille, sort les clés de voiture de sa poche, veut m’offrir sa canne à pêche, met la musique de sa voiture à fond, reste quelques minutes phares éteints, puis s’en va en klaxonnant! Voilà, c’est à peu près le seul letton rencontré… Cet épisode restera épique et nous rigolerons après coup du «  crazy naked man  »  !

Et non, ce n'est pas la photo du "crazy nacked man"! Ce n'est que nous!

Et non, ce n’est pas la photo du « crazy naked man »! C’est nous!

 

 

Lituanie (10 au 15 septembre)

Frontière Lettonie-Lituanie

Frontière Lettonie-Lituanie

 

Nos contacts avec les lituaniens seront bien plus chaleureux  ! Dès le passage de frontière entre Lettonie et Lituanie, nous nous arrêtons dans un petit village demander de l’eau. Une babouchka nous accueille et nous offre de l’eau, mais aussi le café et un bon repas.

A Šiauliai, nous demandons à l’office du tourisme où se trouve le camping le plus proche car cela fait bien 1 semaine que nous nous lavons dans les lacs, et une bonne douche chaude ne nous ferait pas de mal  ! Pas de camping mais il nous est proposé de planter la tente dans le jardin d’une maison d’hôte. Au final, nous serons reçus comme de vrais hôtes, avec thé, café, soupes, plateau de crudités et charcuteries, puis tisane avec petits gâteaux. Au final, la propriétaire des lieux nous propose de dormir dans une chambre. Nous avons pu prendre une douche, laver et sécher nos vêtements. Nous la couvrons de «ačiū» (= merci) et lui demandons combien nous lui devons. Elle nous dit «rien!» et nous offre 3 autocollants aux couleurs de la Lituanie pour nos vélos.

Après avoir quitté notre bonne étoile, nous allons visiter le musée de la bicyclette dans le centre ville. Nous ne pouvions pas passer à côté ! Le jeune de l’accueil, étonné et amusé de savoir que l’on pédale depuis la France, nous offre les billets d’entrée et nous donne un petit fanion aux couleurs lituaniennes, qui trouvera sa place au pied de notre rétroviseur.

Musée de la bicyclette : une des 1ère datant de la fin du XIXème

Musée de la bicyclette à Siauliai: une des 1ère datant de la fin du XIXème

 

Parmi les particularités touristiques, nous visitons la « colline des croix » près de Šiauliai. C’est un lieu de pèlerinage chrétien très ancien ayant pris une signification particulière lorsque la Lituanie faisait partie de l’URSS. Les Lituaniens s’y rendaient pour montrer leur attachement à leur identité et leur religion. Les autorités soviétiques ont rasé le site plusieurs fois, mais les fidèles continuaient d’y déposer des croix sans relâche, si bien que les Soviétiques ont fini par abandonner en 1985. Aujourd’hui, il y aurait plus de 150 000 croix sur ce site symbolique.

La colline des croix (au dessus de Siauliai)

La colline des croix (au dessus de Siauliai)

 

Notre périple lituanien prend fin à Kaunas (pour ceux qui doutent de la prononciation, cela se prononce « Ka-ou-nass »). Car depuis 3 jours, nous roulons au milieu de centaines d’hectares de champs d’agriculture. Nous avons l’impression de rouler à travers la Beauce ! Et cela ne vas pas s’améliorer avec le Nord de la Pologne…

Kaunas

Kaunas

Street art dans Kaunas

Street art dans Kaunas

 

Nous décidons donc de prendre un train à Kaunas pour rejoindre plus vite le Sud de la Pologne. Les montagnes nous manquent! Il est tant de repartir prendre un peu de hauteur dans les Carpates!

Direction Varsovie dans un 1er temps, en Pologne !

 

Ah oui, pour finir… ce que nous (et nos ventres) avons aimé à travers ces pays baltes :

- Les pommiers et pruniers à foison sur le bord des routes.

Mangez des pommes!

Mangez des pommes!

Pruneaux d'Agen, ça vous va bien!

Pruneaux d’Agen, ça vous va bien!

 

- Les marchés avec de la bonne charcuterie pas chère.

Cochonou, le bon saucisson, comme on l'aime chez nous!

Cochonou, le bon saucisson, comme on l’aime chez nous!

 

Ah…la vidéo :

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