Europe

Au-delà du cercle polaire arctique (Lofoten et Nordkapp) – 22 juillet au 7 août 2018

Dernière partie de notre périple norvégien passée au dessus du cercle polaire arctique.

Le 22 juillet, nous retrouvons Quentin et Séverine à Trondheim. Quelle joie de les revoir! Il est drôle de se dire qu’ils ont fait en 3 jours de van ce que nous avons fait en 3 mois de vélo! Avec et grâce à eux, nous retrouvons un peu de confort : des chaises et une table pour manger, une bâche pour s’abriter de la pluie, du “bon mager” français (un véritable plateau de fromages! vin rouge, vin blanc, palets bretons, caramels au beurre salé… et pâté Hénaff!). Quentin est un peu notre père Noël car nous lui avions demandé pas mal de choses, moins chères à acheter en France qu’en Norvège : de nouveaux vêtements techniques pour Benoît, de nouvelles chaînes et nouvelles cassettes pour nos vélos… et mes fameuses chaussures de vélo auto-bloquantes!

Après avoir déballé tous nos cadeaux, nous installons nos vélos sur le porte-vélo arrière du van et nous voilà partis tous les quatre vers les îles Lofoten.

Le 25 juillet, nous passons officiellement le cercle polaire arctique, 66°33 de latitude Nord. Au-delà, nous avions imaginé des températures froides, de la neige, des ours polaires et des icebergs… Et bien! Rien de tout cela! Nous avons eu 2 semaines extrêmement chaudes avec des températures à 30° le jour et 25° la « nuit ». Sachant qu’il n’y a jamais de nuit noire en cette saison, puisque le soleil se couche à 23h30, reste non loin de l’horizon et se lève dès 3h aux Lofoten.

 Sur le cercle polaire arctique (66°33)

Sur le cercle polaire arctique (66°33)

 Sur le cercle polaire arctique (66°33)

Sur le cercle polaire arctique (66°33) … et en plus, on peut y voir mes nouvelles et belles chaussures!

 

Par ce temps beau et chaud, inhabituellement persistant, nous avons fait de très belles randonnées dans les Lofoten. Parmi celles-là :

- le Munkebu sur l’île de Moskenesøya, un plateau situé à 775 m d’altitude, qui s’atteint assez facilement après une randonnée de 4 heures aller-retour.

Munkebu

Munkebu

 

- la plage de Kvalvika, une magnifique plage de sable blanc et eaux turquoise, surplombée par les montagnes et falaises. 1 heure de marche suffit pour passer le col situé à 200 m d’altitude à peine. Nous avions pris les tentes avec nous et faisons là un de nos plus beaux bivouacs, face au soleil couchant.

La descente sur la plage de Kvalvika

La descente sur la plage de Kvalvika

Super spot de bivouac

Super spot de bivouac

Jolie vue au réveil (Kvalvika)

Jolie vue au réveil (Kvalvika)

 

- le sommet d’Himmeltinden, situé sur l’île de Vestvågøya. Un sentier escarpé de 4 km nous emmène à 960 m d’altitude, avec une vue imprenable sur les Lofoten, dont les sommets ressemblent à des mines de crayons aiguisés, comme dit Benoît.

Sommet d'Himmeltinden

Sommet d’Himmeltinden

Sur la resdescente de la randonnée d'Himmeltinden

Sur la descente de la randonnée d’Himmeltinden

 

Nous profitons aussi de cette semaine passée ensemble pour flâner, pêcher, faire du vélo (sans les sacoches), visiter quelques villes de l’archipel.

Henningsvær

Henningsvær

 

Le 30 juillet est notre dernière matinée avec les copains. Nous sommes à la fois tristes de les quitter, et contents de retrouver nos vélos. Ils nous déposent à Gullesfjordbotn, sur l’île d’Hinnøya. Nous roulons vers le Nord et retrouvons l’Eurovélo 1 (ou Nationale 1) que nous comptons suivre jusqu’à Tromsø. La route nous fait passer par les îles d’Andøya, Senja et Kvaløya.

A Andøya, nous revoyons par le plus grand des hasards notre ami Remo, le cycliste suisse avec qui nous avions voyagé 3 jours avant notre arrivée à Trondheim. Il a désormais lâché son vélo et voyage avec un ami dans une voiture aménagée, de Tromsø à Bodø, puis à Nordkapp. Qui sait, si le timing est bon, peut-être nous reverrons nous à Nordkapp!

Bivouac sur Andoya

Bivouac sur Andoya

Andoya

Andoya

Andoya

Andoya

 

Le 31 juillet, nous arrivons sur l’île Senja. Un vrai bijou! Cette île est bien moins connue que l’archipel des Lofoten, mais elle en vaut clairement le détour car elle est tout aussi belle! Une île très peu peuplée, très sauvage, avec un relief très marqué. Les montagnes qui la composent sont étonnamment diversifiées, tantôt verdoyantes aux sommets émoussés, tantôt sombres aux sommets aiguisés.

île Senja

île Senja

île Senja

île Senja

île Senja

île Senja 

île Senja

île Senja (élevage de saumons)

 

C’est aussi sur cette île, lors du passage d’un col, que nous avons notre plus gros coup de chaud : 41° au col! Du délire! C’est à la fois étonnant et alarmant d’avoir de si fortes températures sur une durée si longue à une telle latitude (nous sommes au 69,5 ème parallèle).

41° au col! Au dessus du cercle polaire!

41° au col! Au dessus du cercle polaire!

 

Avant de quitter l’île de Senja, nous faisons la randonnée conseillée par Remo : l’ascension du Mont Segla, 3 km pour atteindre un sommet à 640 m. Vue imprenable sur les fjords et la ville de Fjordgård.

Le mont Segla

Le mont Segla

Panorama depuis le sommet du mont Segla

Panorama depuis le sommet du mont Segla 

La vue lors de la descente n'est pas mal non plus!

La vue lors de la descente 

 

 Le 3 août, nous sommes à Tromsø. Nous y prenons un ferry qui nous amène dans le Finnmark, la région la plus au nord de la Norvège et la moins densément peuplée (1,5 hab/km²). Nous embarquons sur le MS Lofoten de la compagnie Hurtigruten, un vieux navire des années 1965. Le voyage durera toute une nuit. Nous trouvons le sommeil (léger) sur les banquettes étroites du salon.

Le MS Lofoten, plus vieux navire de la compagnie Hurtigruten

Le MS Lofoten, plus vieux navire de la compagnie Hurtigruten

 

Le 4 août à 9h, nous sommes sur le quai du port d’Havøysund. Il n’y a pas grand chose à part un tout petit village de pêcheurs. Les nuages se sont installés. Il fait désormais 10°C la journée et 8° le soir. 220 km nous séparent désormais du Cap Nord, avec un itinéraire en V : nous descendons 80 km au Sud, puis nous rejoignons la route E69 pour monter au Nord vers Nordkapp.

Difficile de décrire ce que nous avons ressenti sur ces 3 derniers jours de roulage dans le Finnnmark : une impression de nature à l’état pur, le calme, une faune éveillée, la majesté des montagnes qui semblent sculptées dans un mille-feuille rocheux, une route de bord de mer avec des vagues qui viennent gentiment déferler sur les rochers. Nous croisons des rennes tous les kilomètres. Ils sont au Finnmark ce que les moutons sont à l’Ecosse!

Sur la route touristique d'Havoysund

Sur la route touristique d’Havoysund

Petite création artistique norvégienne pour descendre sur la plage

Petite création artistique norvégienne pour descendre sur la plage (ou l’accès PMR le plus long du monde!)

Jolies formations géologiques dans le Finnmark

Jolies formations géologiques dans le Finnmark

Rennes-plage

Rennes-plage 

Rennes de bord de routes

Rennes des bords de route

 

Et en contradiction avec l’émerveillement que nous offre cette si belle nature, nous sommes parcourus par un sentiment de colère lorsque nous voyons des plages jonchées de filets de pêches, de bidons et autres déchets plastiques sur des plages qui semblent pourtant si loin de toute activité humaine! Même perdus au milieu du Finnmark, la bêtise humaine nous rattrape ; ou plutôt, le vent et les vagues nous rappellent vite les méfaits que l’homme fait à notre mère Nature!

Heureusement, les belles rencontres que l’on fait nous apportent optimisme et foi en l’être humain. C’est ainsi que, la veille de notre arrivée à Nordkapp, nous faisons la rencontre d’une famille sámi à Repvåg. Nous demandions un endroit pour planter notre tente, nous finissons invités à manger et à dormir chez eux. Comme deux enfants, nous buvons les paroles d’Ingunn et Ragnvald, qui nous parlent de l’histoire des sámi, peuple des hautes latitudes de la Norvège, Suède, Finlande et Russie, entretenant un lien fort avec la nature et vivant à l’origine de la pêche et de l’élevage de rennes. Comme toute communauté minoritaire, ils ont souffert de discrimination raciale et sont aujourd’hui fiers de leur culture, qu’ils entretiennent notamment à travers leur langue et leurs traditions.

La famille d'Ingunn et Rognvald, une famille sami au grand cœur

La famille d’Ingunn et Ragnvald, une famille sami au grand cœur

 

7 août, dernier jour en Norvège, et pas le moins difficile sur le plan physique! Nous commençons la journée par un bon petit-déjeuner avec Ingunn et Ragnvald, qui nous font goûter la viande séchée de rennes trempée dans le café. Ce jour-là, le vent est fort, le temps est aux averses, il fait 9°C. Mais cela n’entame pas notre motivation pour ces 80 derniers km. Nous passons 2 longs tunnels dont un de 7 km qui plonge sous la mer avec une pente à 9% pour remonter avec une pente tout aussi ardue sur l’île de Magerøya, où se situe Nordkapp.

En route pour Nordkapp

En route pour Nordkapp

Sur la route de Nordkapp

Sur la route de Nordkapp

Têtes de cabillaud séchées (il parait que c'est bon dans la soupe)

Têtes de cabillauds séchées (il parait que c’est bon dans la soupe!)

Rennes des villes

Rennes des villes

 

Les 30 derniers km seront physiquement difficiles et testeront notre motivation. Car les vents sont de plus en plus forts et les averses de plus en plus fréquentes. La route est en montée quasi constante jusqu’à Nordkapp, qui se situe sur une falaise à 300 m d’altitude. 4 km avant l’arrivée, une rafale de vent me fait tomber de mon destrier. Trop dangereux de continuer en vélo car le vent est latéral et perturbe notre équilibre, avec une constante à 50 km/h et des rafales à 70 km/h. Nous finissons à pied, poussant le vélo dans la dernière montée.

Derniers km à pieds du fait des vents trop forts

Derniers km à pied à cause des vents trop forts

 

A 23h, ça y est, nous y sommes. Nous sommes à Nordkapp! Remo y est aussi, il nous a envoyé un message. Lorsque nous le retrouvons, il nous prend dans ses bras et nous dit en rigolant : “Crazy guys! You are really crazy!”. Les sentiments sont alors partagés : heureux d’être au point le plus septentrional de l’Europe continentale et d’avoir découvert le Finnmark, fiers d’être arrivés jusque là et d’avoir repoussé nos limites au milieu d’une nature si rude, tristes de quitter cette Norvège que nous affectionnons tant, excités à l’idée de découvrir d’autres pays.

A 1h du matin, nous prenons un bus qui fait la liaison Nordkapp-Rovaniemi, en Finlande.

Nordkapp!!!!

Nordkapp!!!!

 

Merci à toutes les généreuses familles norvégiennes qui nous ont accueillis comme leurs enfants tout au long de ce voyage! Au revoir belle Norvège! Nous nous reverrons, c’est sûr!

Et comme toujours, la petite vidéo concoctée par Benoît : 

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